Lois sur les voitures autonomes au Canada : C.-B., Ontario, Québec, FSD (2026)
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Au Canada, les voitures autonomes ne sont pas légales pour un usage courant en septembre 2026, sauf dans des cas étroits fixés par chaque province. Ottawa établit les normes de sécurité qu'un véhicule doit respecter, mais ce sont les provinces qui décident s'il peut être conduit. La Colombie-Britannique interdit purement et simplement les véhicules automatisés de niveau 3, 4 et 5. Le Québec les interdit aussi, sauf un véhicule de niveau 3 dont la vente est admise au Canada et les véhicules visés par un projet pilote ministériel. L'Ontario n'autorise les véhicules automatisés que pour des essais approuvés jusqu'au 13 octobre 2027, mais laisse les voitures de niveau 3 construites en usine en dehors des règles de son projet pilote.
Les systèmes d'aide à la conduite, comme le FSD (Supervised) de Tesla, forment une catégorie différente. Tesla l'offre au Canada et précise qu'il exige un conducteur pleinement attentif. Aucune des interdictions provinciales visant les véhicules automatisés ne s'y applique : la personne au volant conduit, et toutes les règles ordinaires de la circulation, de la distraction et du droit criminel s'appliquent à elle.
Les voitures autonomes sont-elles légales au Canada?
Cela dépend de la province et de ce que l'on entend par voiture autonome. La ligne de partage utile est l'échelle SAE, que les règles de la Colombie-Britannique, du Québec et de l'Ontario utilisent toutes. Les niveaux 1 et 2 relèvent de l'aide à la conduite : la voiture dirige ou freine, mais un humain doit superviser en tout temps. Les niveaux 3 à 5 relèvent de la conduite automatisée : le système exécute lui-même la tâche de conduite, au moins dans certaines conditions. L'explication des niveaux d'automatisation de la conduite passe en revue chaque niveau.

En septembre 2026, la situation est la suivante :
| Aide à la conduite de niveau 2 (p. ex. Tesla FSD Supervised) | Niveau 3 | Niveaux 4 et 5 (sans conducteur) | |
|---|---|---|---|
| Colombie-Britannique | Le droit ordinaire de la circulation s'applique | Interdit, sauf si les règlements l'autorisent | Interdit, sauf si les règlements l'autorisent |
| Québec | Le droit ordinaire de la circulation s'applique | Hors de l'interdiction si sa vente est admise au Canada; sinon, seulement dans un projet pilote | Seulement dans un projet pilote ministériel |
| Ontario | Le droit ordinaire de la circulation s'applique | Les voitures de série de niveau 3 sont en dehors des règles du projet pilote; les autres véhicules de niveau 3 seulement dans des essais approuvés | Seulement dans des essais approuvés, aux conditions applicables aux véhicules sans conducteur, jusqu'au 13 octobre 2027 |
| Fédéral (toutes les provinces) | Le véhicule doit respecter les normes fédérales de sécurité | Le véhicule doit respecter les normes fédérales de sécurité ou bénéficier d'une exemption | Le véhicule doit respecter les normes fédérales de sécurité ou bénéficier d'une exemption |
Ces trois provinces ont en vigueur des interdictions précises ou des règles de projet pilote visant les véhicules automatisés. La partie VIII.1 du Code de la route du Manitoba (Highway Traffic Act, ajoutée en 2021) permet aussi au ministre des Transports de délivrer des permis d'essai de technologie pour des véhicules d'essai automatisés ou autres. La Saskatchewan (The Traffic Safety Amendment Act, 2020) et la Nouvelle-Écosse (la Traffic Safety Act adoptée en 2025) ont adopté des dispositions sur les véhicules automatisés qui ne sont pas encore en vigueur. Ailleurs, quiconque envisage d'essayer un véhicule automatisé devrait d'abord s'adresser au ministère provincial des Transports. Selon les indications de Transports Canada, l'approbation de l'autorité routière provinciale ou territoriale « may also be required » (peut aussi être exigée) avant d'essayer sur la voie publique un véhicule non conforme importé temporairement.
Qui réglemente les voitures autonomes au Canada : le fédéral ou les provinces?
Les deux, pour des choses différentes. Le Cadre de sécurité pour les véhicules connectés et automatisés 2.0 (Safety Framework for Connected and Automated Vehicles 2.0) de Transports Canada décrit ce partage. En vertu de la Loi sur la sécurité automobile (Motor Vehicle Safety Act), Transports Canada fixe les normes de sécurité des véhicules neufs et importés. Les provinces et les territoires sont responsables de « establishing and enforcing traffic laws » (établir et faire respecter les lois de la circulation), de « licensing drivers » (délivrer les permis de conduire), de « registering vehicles » (immatriculer les véhicules) et de « setting insurance and liability requirements » (fixer les exigences d'assurance et de responsabilité).
Ce partage explique l'essentiel de ce qui suit. Ottawa décide si une voiture peut être construite ou importée pour les routes canadiennes. Les provinces décident si quelqu'un peut effectivement la conduire sur leur territoire, qui est considéré comme le conducteur, et qui paie après un accident.
Ce que fait la Loi sur la sécurité automobile fédérale
Le Canada utilise un système d'autocertification. Les constructeurs certifient que leurs véhicules respectent les Normes de sécurité des véhicules automobiles du Canada (NSVAC, en anglais CMVSS), plutôt que de voir Transports Canada approuver chaque modèle avant sa vente. C'est une différence importante avec l'Union européenne, où une voiture et son logiciel doivent faire l'objet d'une réception par type. Le Canada n'impose aucune étape fédérale d'approbation préalable pour les logiciels d'aide à la conduite comme le FSD (Supervised).
La Loi prévoit deux outils pour les véhicules qui ne respectent pas les normes :
- Importation temporaire pour des essais. L'article 7 permet d'importer un véhicule sans qu'il respecte les normes si l'importateur déclare qu'il servira uniquement à une fin prescrite et qu'il restera au Canada au plus un an, ou une autre période précisée par le ministre. Transports Canada indique que ces fins comprennent « exhibition, demonstration, evaluation, or testing » (exposition, démonstration, évaluation ou essais), et que la déclaration doit être acceptée avant que le véhicule n'arrive à la frontière.
- Exemptions pour une nouvelle technologie. L'article 9 permet au ministre d'exempter un modèle d'une norme prescrite pour une période déterminée si cela favorise « new kinds of vehicles, technologies, vehicle systems or components » (de nouveaux types de véhicules, de technologies, de systèmes ou de composants de véhicules). L'exemption ne peut être accordée que si elle « would not substantially diminish the overall safety performance of the model » (ne diminuerait pas de façon substantielle la performance globale de sécurité du modèle).
Transports Canada publie aussi des lignes directrices non contraignantes : les Lignes directrices pour l'essai de systèmes de conduite automatisée au Canada (Guidelines for Testing Automated Driving Systems in Canada, version 2.0), une Évaluation de la sécurité des systèmes de conduite automatisée (Safety Assessment for Automated Driving Systems) et, avec les provinces par l'entremise du Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé, des lignes directrices à l'intention des administrations pour l'essai et le déploiement de véhicules automatisés.
Une norme fédérale sur les systèmes de conduite automatisée est-elle à venir?
Peut-être, mais pas encore. Du 6 mars au 1er mai 2026, Transports Canada a mené une consultation sur un projet de Règlement technique mondial (RTM) des Nations Unies sur les systèmes de conduite automatisée. Il a indiqué que le règlement « could be used in the future to help develop a Canada Motor Vehicle Safety Standard » (pourrait servir à l'avenir à élaborer une Norme de sécurité des véhicules automobiles du Canada) pour ces systèmes, et que, le Canada ayant signé l'Accord de 1998 de l'ONU, il doit élaborer des règlements nationaux reprenant tout ou partie du règlement si celui-ci est adopté. Le 24 juin 2026, ONU Info (UN News) a rapporté que le Forum mondial de l'harmonisation des règlements concernant les véhicules de la CEE-ONU avait adopté les premiers règlements mondiaux sur les systèmes de conduite automatisée. Transports Canada indique qu'il pourrait publier un projet de proposition réglementaire pour commentaires publics dans la Partie I de la Gazette du Canada, suivi d'un règlement définitif dans la Partie II.
Colombie-Britannique : les véhicules de niveau 3, 4 et 5 sont interdits
La Colombie-Britannique a l'interdiction la plus large, sans exception pour le niveau 3. La partie 12.1 du Motor Vehicle Act est entrée en vigueur le 5 avril 2024. L'article 303.2 prévoit : « Unless the regulations provide otherwise, a person must not drive, or permit the driving of, any of the following on a highway: (a) a Level 3 automated vehicle; (b) a Level 4 automated vehicle; (c) a Level 5 automated vehicle. » (Sauf disposition contraire des règlements, il est interdit de conduire, ou de permettre la conduite, sur une route, d'un véhicule automatisé de niveau 3, de niveau 4 ou de niveau 5.)
Deux définitions élargissent l'interdiction :
- Les niveaux sont rattachés à la norme SAE J3016, de sorte qu'une voiture « capable of operating » (capable de fonctionner) au niveau 3 est visée.
- Le mot « drive » (conduire) inclut le fait de faire fonctionner le véhicule « with or without the automated driving system being engaged » (que le système de conduite automatisée soit enclenché ou non). Conduire une voiture de niveau 3 dont le système est désactivé, c'est tout de même conduire un véhicule automatisé de niveau 3.
L'interdiction vise aussi quiconque permet la conduite, comme un propriétaire ou un exploitant de flotte. Les indications du gouvernement provincial précisent que les pénalités « can range from $368 and 3 driver penalty points up to a maximum of $2,000 and 6 months of imprisonment » (peuvent aller de 368 $ et 3 points d'inaptitude jusqu'à un maximum de 2 000 $ et 6 mois d'emprisonnement).
L'article 303.3 permet au Conseil des ministres de la province de prendre des règlements autorisant ces véhicules, y compris des règles sur les permis et « requiring insurance or financial security from manufacturers » (exigeant une assurance ou une garantie financière des constructeurs). En septembre 2026, les indications de la province précisent toujours que les véhicules hautement automatisés ne peuvent pas être conduits sur les routes de la Colombie-Britannique, à moins d'être autorisés « through a pilot project under the Motor Vehicle Act or by regulation in the future » (dans le cadre d'un projet pilote en vertu du Motor Vehicle Act ou, à l'avenir, par règlement). Ces mêmes indications décrivent les niveaux 1 et 2 comme des fonctions d'aide à la conduite, que l'interdiction ne vise pas.
Québec : interdits, sauf les voitures de niveau 3 vendues au Canada et les projets pilotes
Le Québec a ajouté les véhicules autonomes à son Code de la sécurité routière en 2018. Le Code définit un « véhicule autonome » comme un véhicule routier doté d'un système capable de conduire aux niveaux SAE 3, 4 ou 5.

L'article 492.8 pose la règle : « Nul ne peut mettre en circulation un véhicule autonome sur les chemins publics ». L'interdiction vise aussi les chemins privés ouverts à la circulation publique, les terrains de stationnement de centres commerciaux et les autres lieux où le public peut circuler en véhicule. L'article se poursuit ainsi : « Le premier alinéa ne s'applique pas au véhicule autonome de niveau d'automatisation de conduite 3, selon la norme J3016 de la SAE International, dont la vente est admise au Canada ».
Contrevenir à l'article 492.8 constitue une infraction en vertu de l'article 512, passible d'une amende de 1 000 $ à 3 000 $.
Les indications de la SAAQ, l'assureur public automobile et organisme de sécurité routière du Québec (dernière mise à jour en juillet 2025), disent clairement qu'aucun véhicule autonome n'est en vente libre ni en libre circulation au Québec.
Projets pilotes de véhicules autonomes au Québec
Tout autre véhicule autonome exige un projet pilote. L'article 633.1 permet au ministre des Transports d'autoriser des projets pilotes par arrêté. Pour les véhicules autonomes, un projet peut durer jusqu'à cinq ans, prolongeable d'au plus deux ans. Un arrêté de projet pilote peut aussi :
- fixer le minimum d'assurance de responsabilité pour les dommages matériels;
- exiger que le constructeur ou le distributeur rembourse à la SAAQ les indemnités qu'elle verse après un accident (« rembourser à la Société les indemnités qu'elle sera tenue de verser en cas d'accident automobile »);
- créer des infractions assorties d'amendes de 200 $ à 3 000 $.
Les demandes sont présentées à un comité conjoint du ministère des Transports (MTMD) et de la SAAQ. Le gouvernement du Québec indique que trois expérimentations de navettes autonomes ont eu lieu dans le cadre du projet pilote visant les autobus et minibus autonomes (Candiac en 2018 et 2019, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve en 2019, et Rosemont-La Petite-Patrie en 2021 et 2022), et que les trois sont terminées.
Ontario : le Projet pilote de véhicules automatisés
L'Ontario réglemente les véhicules automatisés au moyen d'un programme d'essais prévu par le Règl. de l'Ont. 306/15, Pilot Project - Automated Vehicles (O. Reg. 306/15), pris en vertu du Code de la route (Highway Traffic Act). Il a commencé en 2016. La codification actuelle précise que « This Regulation is revoked on October 13, 2027 » (le présent règlement est abrogé le 13 octobre 2027), une date fixée par le règlement modificatif de 2025, O. Reg. 268/25.
Le règlement définit un véhicule automatisé comme un véhicule à moteur ou un tramway doté d'un système qui fonctionne au niveau SAE 3, 4 ou 5 (ou un camion équipé pour le convoyage coopératif en peloton). Les motocyclettes et les cyclomoteurs sont exclus. La règle centrale est l'article 4 : « No person shall drive or permit the operation of an automated vehicle on a highway, except as permitted by this Regulation. » (Nul ne doit conduire ni permettre l'utilisation d'un véhicule automatisé sur une route, sauf dans la mesure permise par le présent règlement.)
Qui peut faire des essais, et à quelles conditions
L'article 5 n'autorise un véhicule automatisé sur une route que si son propriétaire a été approuvé par le registrateur des véhicules automobiles et que le véhicule est conduit « only for testing purposes under the pilot project » (uniquement à des fins d'essai dans le cadre du projet pilote). Seuls certains propriétaires peuvent présenter une demande : le constructeur d'origine d'un véhicule construit comme véhicule automatisé ou, pour un véhicule transformé, le transformateur, comme une entreprise de technologie ou un établissement de recherche.
Chaque véhicule d'essai doit être couvert par une assurance responsabilité d'au moins 5 000 000 $, ou 8 000 000 $ pour un véhicule comptant huit places passagers ou plus. La page du programme ontarien ajoute que « all rules of the road and penalties apply, except where specifically exempted » (toutes les règles de la circulation et les pénalités s'appliquent, sauf exemption expresse).
Lorsqu'un conducteur est à bord, il doit rester à la place du conducteur en tout temps et surveiller le véhicule, avoir sur lui une copie de l'approbation et informer la police, après une collision ou un contrôle routier, qu'il s'agit d'un véhicule automatisé du projet pilote. Une personne assise à la place du conducteur d'un véhicule automatisé est réputée le conduire, que le système soit enclenché ou non.
Les essais sans conducteur sont-ils permis en Ontario?
Oui, pour les véhicules de niveau 4 et 5, à des conditions supplémentaires. La mise à jour de 2019 a permis les essais sans personne à la place du conducteur. Selon la province, un testeur de véhicule sans conducteur doit notamment :
- déclarer la technologie sûre et efficace sur la base d'essais antérieurs;
- « accept full liability » (accepter l'entière responsabilité);
- être en mesure de surveiller et de contrôler le véhicule au besoin, et de l'amener à un arrêt sécuritaire si nécessaire;
- remettre à la police et aux municipalités un plan indiquant comment le véhicule se comportera à l'égard des premiers intervenants et des zones de travaux, et informer les municipalités touchées de l'endroit où les essais auront lieu;
- obtenir une approbation préalable pour faire des essais sur une route provinciale;
- afficher des panneaux « clearly showing that the vehicle is a driverless automated vehicle being tested » (indiquant clairement qu'il s'agit d'un véhicule automatisé sans conducteur en cours d'essai).
Le règlement adapte aussi les règles ontariennes de responsabilité civile du propriétaire pour un véhicule qui roule sans conducteur. Il permet à une personne de recouvrer auprès du propriétaire ou du locataire la perte ou le dommage causé par un tel véhicule, mais seulement dans la mesure compatible avec sa propre part de faute, le cas échéant.
Peut-on conduire une voiture de niveau 3 en Ontario?
L'Ontario n'interdit pas les voitures de série de niveau 3. Le paragraphe 2 (3) du règlement prévoit qu'il ne s'applique pas à un véhicule de niveau 3 construit à l'origine pour fonctionner au niveau 3, ou mis à niveau au niveau 3 par le constructeur d'origine, tant que le système « is in good working order and has been properly maintained » (est en bon état de fonctionnement et a été entretenu convenablement). Le règlement du projet pilote ne s'applique pas à une telle voiture. Il s'agit d'une exclusion, et non d'une permission de cesser de conduire : le Code de la route de l'Ontario s'applique pleinement.
Cela ne suspend aucune règle de la circulation, et l'exclusion n'autorise pas le conducteur à relâcher son attention. Le paragraphe 78 (1) de la même loi prévoit : « No person shall drive a motor vehicle on a highway if the display screen of a television, computer or other device in the motor vehicle is visible to the driver. » (Nul ne doit conduire un véhicule à moteur sur une route si l'écran d'affichage d'un téléviseur, d'un ordinateur ou d'un autre appareil se trouvant dans le véhicule est visible du conducteur.) La conduite sans précaution prévue à l'article 130 (conduire « without due care and attention », c'est-à-dire sans le soin et l'attention voulus) s'applique elle aussi toujours. Le paragraphe 78.1 (1) du Code de la route interdit toujours de conduire un véhicule à moteur sur une route « while holding or using a hand-held wireless communication device » (en tenant ou en utilisant un appareil de communication sans fil portatif). Une voiture de niveau 3 transformée par un tiers, et non par le constructeur, reste visée par les règles du projet pilote.
Les systèmes de niveau 2 sont entièrement en dehors du règlement : le paragraphe 2 (2) prévoit qu'il ne s'applique pas aux véhicules de niveau 0, 1 ou 2 (sauf les camions en peloton).
Les robotaxis en Ontario
Le projet pilote n'autorise pas un service de robotaxis : le règlement ne permet les véhicules automatisés que pour des essais. En avril 2026, le Toronto Star a rapporté que Waymo avait informé le cabinet du maire de Toronto qu'elle prévoyait présenter une demande au projet pilote ontarien. Selon le règlement, l'approbation des essais relève du registrateur des véhicules automobiles de l'Ontario, et non de la Ville.
Le FSD de Tesla est-il légal au Canada?
Tesla offre Full Self-Driving (Supervised) au Canada par abonnement mensuel. La page de soutien canadienne de Tesla indique que les fonctions actuellement activées « do not make the vehicle autonomous » (ne rendent pas le véhicule autonome) et « require a fully attentive driver, who is prepared to take over at any moment » (exigent un conducteur pleinement attentif, prêt à reprendre le contrôle à tout moment).
Cette description a une portée juridique. Les règles de la Colombie-Britannique, du Québec et de l'Ontario sur les véhicules automatisés commencent toutes au niveau 3, et le règlement ontarien exclut expressément les niveaux 0 à 2. Un système qui exige une supervision humaine constante relève de l'aide à la conduite, de sorte qu'aucune de ces interdictions ne s'y applique. Le Canada n'a pas non plus d'étape fédérale d'approbation pour ce type de logiciel, parce que les véhicules sont autocertifiés conformément aux normes fédérales.
Le FSD (Supervised) est donc offert au Canada en septembre 2026, mais sans aucune autorisation particulière. La personne à la place du conducteur est le conducteur à tous égards : limites de vitesse, règles sur la distraction, conduite sans précaution et Code criminel. La page Tesla FSD par pays compare le Canada avec l'Europe et d'autres régions.
Téléphone et distraction au volant avec Autopilot ou le FSD
Les lois sur la conduite distraite sont provinciales, et aucune des dispositions présentées sur cette page ne les assouplit pour les systèmes de niveau 2. En Ontario, l'article 78.1 du Code de la route interdit de tenir ou d'utiliser un appareil sans fil portatif ou un appareil de divertissement en conduisant, sous réserve d'une exception pour les appareils mains libres. L'Ontario a adopté en 2026 d'autres modifications aux règles sur les écrans d'affichage et les appareils mains libres (L.O. 2026, chap. 7, annexe 5); en septembre 2026, elles ne sont pas encore en vigueur et prendront effet à une date qui reste à fixer par arrêté.

L'infraction ontarienne de conduite sans précaution (art. 130) s'applique à quiconque conduit « without due care and attention » (sans le soin et l'attention voulus). Regarder un écran pendant que le FSD dirige peut exposer un conducteur à cette accusation. Pour les règles de chaque province sur le téléphone et les points d'inaptitude, consultez les lois canadiennes sur la conduite.
Qui est le conducteur selon le Code criminel?
Les infractions de conduite du Code criminel, y compris la conduite avec capacités affaiblies (art. 320.14) et la conduite dangereuse (art. 320.13), s'appliquent à une personne qui « operates » (conduit) un moyen de transport. Pour un véhicule à moteur, l'article 320.11 prévoit que « operate » signifie « to drive it or to have care or control of it » (le conduire ou en avoir la garde ou le contrôle).
Pour les infractions de conduite avec capacités affaiblies et de refus, l'article 320.35 ajoute une présomption. Une personne dont il est prouvé qu'elle occupait la place du conducteur « is presumed to have been operating the conveyance unless they establish that they did not occupy that seat or position for the purpose of setting the conveyance in motion » (est présumée avoir conduit le moyen de transport, à moins qu'elle n'établisse qu'elle n'occupait pas cette place ou cette position dans le but de mettre le moyen de transport en mouvement).
Rien dans cette définition ne dépend de la question de savoir si un logiciel dirige le véhicule. La garde ou le contrôle concerne la personne et le véhicule, de sorte qu'un système d'aide à la conduite ne soustrait pas du Code un conducteur ivre ou distrait. La façon dont les tribunaux appliqueront la garde ou le contrôle à un véritable véhicule de niveau 4 sans commandes humaines n'est pas réglée par le texte.
Qui est responsable en cas d'accident d'une voiture autonome au Canada?
La responsabilité suit le régime d'assurance et de responsabilité civile de la province, et non un code particulier sur les véhicules automatisés. En pratique :
- Voitures de niveau 2 (y compris le FSD). Le conducteur conduit, de sorte que les règles provinciales ordinaires sur la faute, l'assurance et la responsabilité du propriétaire s'appliquent. Toute allégation selon laquelle le système était défectueux soulève une question distincte de responsabilité du fabricant, à faire valoir contre le constructeur.
- Véhicules d'essai en Ontario. Le propriétaire doit avoir une assurance responsabilité de 5 millions de dollars ou de 8 millions de dollars, un testeur de véhicule sans conducteur doit accepter l'entière responsabilité, et le règlement permet à une personne blessée de se retourner contre le propriétaire ou le locataire d'un véhicule qui fonctionne sans conducteur.
- Québec. La Loi sur l'assurance automobile rend l'indemnité de la SAAQ payable « sans égard à la responsabilité de quiconque » (art. 5). En vertu de l'art. 83.57, l'indemnité remplace tous les droits et recours pour les dommages corporels, et « nulle action à ce sujet n'est reçue devant un tribunal ». Les dommages matériels sont traités par l'assurance de responsabilité civile obligatoire privée du propriétaire (art. 84). Pour les projets pilotes de véhicules autonomes, un arrêté pris en vertu du Code de la sécurité routière peut obliger le constructeur ou le distributeur à rembourser la SAAQ.
- Colombie-Britannique. Comme les véhicules de niveau 3 à 5 ne peuvent pas être conduits, aucun régime de responsabilité particulier n'est en vigueur; l'art. 303.3 permet d'exiger à l'avenir, par règlement, une assurance ou une garantie financière des constructeurs.
Le guide sur la responsabilité en cas d'accident de voiture autonome traite plus en profondeur de la responsabilité du fabricant, dans une perspective américaine.
Que faire après un accident impliquant une voiture autonome ou à aide à la conduite
- Arrêtez-vous et portez secours. L'article 320.16 du Code criminel érige en infraction le fait, pour un conducteur qui sait qu'il y a eu un accident, ou qui y est insouciant, de ne pas s'arrêter, de ne pas donner son nom et son adresse et, si quelqu'un est blessé ou semble avoir besoin d'aide, de ne pas offrir son assistance.
- Signalez l'accident comme l'exige votre province. Les seuils de déclaration à la police et à l'assureur varient selon la province; les lois canadiennes sur la conduite présentent les règles provinciales.
- Notez ce que faisait la voiture. Consignez si un système d'aide à la conduite ou un système automatisé était enclenché, les alertes éventuelles et la version du logiciel si vous pouvez la voir. Les données du véhicule lui-même peuvent avoir leur importance plus tard.
- Si un véhicule du projet pilote ontarien est en cause, son conducteur doit informer la police qu'il s'agit d'un véhicule automatisé du projet pilote, et le propriétaire doit signaler la collision au registrateur dans les 10 jours.
- Au Québec, les demandes d'indemnisation pour dommages corporels découlant d'un accident de la route sont généralement adressées à la SAAQ, et non aux tribunaux.
- Conservez les images. Les images d'une caméra embarquée ou d'une caméra du véhicule peuvent être utiles; consultez les lois canadiennes sur l'enregistrement pour l'enregistrement sur la route.
Ce qui change prochainement
- Le projet pilote de l'Ontario prend fin le 13 octobre 2027, à moins d'être prolongé de nouveau ou remplacé. Il a déjà été prolongé.
- Norme fédérale sur les SCA. La consultation de 2026 de Transports Canada pourrait mener à une Norme de sécurité des véhicules automobiles du Canada pour les systèmes de conduite automatisée. Transports Canada indique qu'il pourrait publier un projet dans la Partie I de la Gazette du Canada avant tout règlement définitif.
- La Colombie-Britannique peut lever son interdiction par règlement ou par un projet pilote. En septembre 2026, ses indications précisent qu'aucun des deux n'est en place.
- Les modifications ontariennes de 2026 sur la conduite distraite prendront effet à une date à fixer.
Pour savoir comment d'autres pays traitent les mêmes questions, consultez le carrefour des lois mondiales sur les voitures autonomes, les pages Royaume-Uni et Allemagne, ainsi que les règles fédérales américaines.
Questions fréquentes
Les voitures autonomes sont-elles légales au Canada?
Pas pour un usage général en septembre 2026. La Colombie-Britannique interdit les véhicules automatisés de niveau 3, 4 et 5. Le Québec interdit les véhicules autonomes, sauf un véhicule de niveau 3 dont la vente est admise au Canada et les véhicules visés par un projet pilote ministériel. L'Ontario n'autorise les véhicules automatisés que dans le cadre d'essais approuvés jusqu'au 13 octobre 2027, bien que les voitures de série de niveau 3 soient en dehors des règles de son projet pilote. Les systèmes d'aide à la conduite de niveau 2 ne sont pas visés par ces interdictions.
Le FSD de Tesla est-il légal au Canada?
Tesla offre le FSD (Supervised) au Canada par abonnement. Tesla affirme qu'il exige un conducteur pleinement attentif et ne rend pas la voiture autonome; il s'agit donc d'une aide à la conduite, en dehors des interdictions provinciales sur les véhicules automatisés, qui commencent au niveau 3. Le Canada n'impose aucune étape fédérale d'approbation préalable pour ce type de logiciel. Le conducteur demeure responsable en vertu de toutes les lois de la circulation et du droit criminel.
Qui réglemente les voitures autonomes au Canada?
Transports Canada fixe les normes fédérales de sécurité pour la fabrication et l'importation des véhicules en vertu de la Loi sur la sécurité automobile. Les provinces et les territoires fixent les règles de circulation, de délivrance des permis de conduire, d'immatriculation des véhicules, d'assurance et de responsabilité, et décident donc si un véhicule automatisé peut être conduit sur leurs routes.
Les voitures autonomes sont-elles interdites en Colombie-Britannique?
Oui, les véhicules automatisés de niveau 3, 4 et 5 le sont depuis le 5 avril 2024. L'article 303.2 du Motor Vehicle Act interdit de les conduire ou de permettre leur conduite sur une route, sauf si les règlements l'autorisent, et conduire inclut le fait de faire fonctionner la voiture alors que le système automatisé est désactivé. Les pénalités vont de 368 $ et 3 points d'inaptitude jusqu'à 2 000 $ et 6 mois de prison. Les fonctions d'aide à la conduite de niveau 1 et 2 ne sont pas interdites.
Puis-je conduire une voiture de niveau 3 en Ontario?
Le Règl. de l'Ont. 306/15 ne s'applique pas à une voiture de niveau 3 construite pour le niveau 3, ou mise à niveau au niveau 3 par son constructeur d'origine, si son système est en bon état de fonctionnement; l'interdiction du projet pilote ne la vise donc pas. Il s'agit d'une exclusion, et non d'une permission de cesser de conduire : le Code de la route de l'Ontario s'applique pleinement, y compris l'interdiction des écrans d'affichage (art. 78), l'interdiction des appareils portatifs (art. 78.1) et la conduite sans précaution (art. 130). Une voiture de niveau 3 transformée par une autre personne ne peut être conduite que dans le cadre d'essais approuvés.
Y a-t-il des voitures sans conducteur ou des robotaxis à Toronto?
Le projet pilote de l'Ontario permet les essais sans conducteur de véhicules de niveau 4 et 5 par des constructeurs et des développeurs approuvés, à des conditions comme l'entière responsabilité, la capacité de surveiller et de contrôler le véhicule au besoin, et des panneaux visibles. Le règlement ne permet les véhicules automatisés que pour des essais; il n'autorise donc pas un service de robotaxis. En avril 2026, on a rapporté que Waymo prévoyait présenter une demande au projet pilote.
Quand le projet pilote ontarien de véhicules automatisés prend-il fin?
Le Règl. de l'Ont. 306/15 est abrogé le 13 octobre 2027, en vertu du règlement modificatif de 2025, O. Reg. 268/25. La province pourrait le prolonger ou le remplacer d'ici là.
Peut-on être accusé de conduite avec capacités affaiblies dans une voiture autonome au Canada?
Oui, si vous la conduisez au sens de la loi. Le Code criminel définit le fait de conduire un véhicule à moteur comme le fait de le conduire ou d'en avoir la garde ou le contrôle. Pour les infractions de conduite avec capacités affaiblies, une personne assise à la place du conducteur est présumée conduire le véhicule, à moins qu'elle ne prouve qu'elle n'y était pas pour le mettre en mouvement. Le fait qu'Autopilot ou le FSD soit enclenché ne change pas cette définition.
Qui paie si une voiture autonome a un accident au Québec?
Dans le régime public d'assurance sans égard à la faute du Québec, la SAAQ indemnise la plupart des dommages corporels causés par un accident de la route sans égard à la faute, et cette indemnisation remplace le droit de poursuivre pour dommages corporels (Loi sur l'assurance automobile, art. 5 et 83.57, sous réserve des exclusions de la Loi). Les dommages matériels passent par l'assurance de responsabilité civile privée. Pour les projets pilotes de véhicules autonomes, l'arrêté du ministre peut obliger le constructeur ou le distributeur à rembourser la SAAQ.
Sources et références
- Motor Vehicle Act (C.-B.), RSBC 1996, chap. 318, partie 12.1, art. 303.1 à 303.3 (définitions, interdiction des niveaux 3 à 5, pouvoir de réglementation)(bclaws.gov.bc.ca).gov
- Gouvernement de la Colombie-Britannique, Automated (self-driving) vehicles : en vigueur le 5 avril 2024, fourchette de pénalités, niveaux 1 et 2 décrits comme de l'aide à la conduite(www2.gov.bc.ca).gov
- Code de la sécurité routière (Québec), C-24.2 : art. 4 (définition), 492.8, 512, 633.1 (à jour au 10 juin 2026)(legisquebec.gouv.qc.ca).gov
- Loi sur l'assurance automobile (Québec), A-25 : art. 5, 83.57, 84 (à jour au 10 juin 2026)(legisquebec.gouv.qc.ca).gov
- SAAQ, En véhicule autonome : règles, demandes de projet pilote, aucun véhicule autonome en vente libre au Québec (modifié le 10 juillet 2025)(saaq.gouv.qc.ca).gov
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- Transports Canada, Cadre de sécurité pour les véhicules connectés et automatisés 2.0 (Canada's Safety Framework for Connected and Automated Vehicles 2.0) (modifié le 11 févr. 2025)(tc.canada.ca).gov
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- Consultation de Transports Canada : Règlement technique mondial des Nations Unies sur les systèmes de conduite automatisée (du 6 mars au 1er mai 2026)(tc.canada.ca).gov
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- Code criminel, art. 320.11 (définitions de moyen de transport et de conduire)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
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- Code criminel, art. 320.35 (présomption de conduite à partir de la place du conducteur)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
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- MobileSyrup, reprise d'un article du Toronto Star sur le projet de Waymo de présenter une demande au projet pilote ontarien (13 avril 2026)(mobilesyrup.com)
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- Nouvelle-Écosse, Changes to traffic safety legislation (la Traffic Safety Act n'est pas actuellement en vigueur)(novascotia.ca).gov
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