Canada
Prestation d'invalidité du RPC refusée? Le processus d'appel en 4 étapes, et le critère que la plupart des guides expliquent mal

Un refus de prestation d'invalidité du RPC n'est pas définitif. La loi fédérale offre une démarche en quatre étapes, comprenant le réexamen et deux paliers de révision par un tribunal indépendant, bien que le critère invoqué par la plupart des guides en ligne pour le deuxième palier ne soit pas celui qui s'applique réellement à une demande de prestation d'invalidité du RPC.
Informations vérifiées le 2026-08-17. Cet article n'a pas encore été révisé par un avocat.
Cet article traite du processus d'appel d'un refus de prestation d'invalidité du Régime de pensions du Canada (RPC) en vertu de la Loi sur le Régime de pensions du Canada et de la Loi sur le ministère de l'Emploi et du Développement social (la Loi sur le MEDS), qui régit le Tribunal de la sécurité sociale du Canada (TSS). Il s'applique aux demandeurs de prestation d'invalidité du RPC qui n'ont pas cotisé au Québec. Les résidents du Québec cotisent au Régime de rentes du Québec (RRQ) plutôt qu'au RPC et suivent un processus provincial entièrement distinct, traité dans sa propre section ci-dessous. Cette page porte précisément sur le processus d'appel, et non sur l'admissibilité à la prestation d'invalidité du RPC elle-même; pour savoir qui est admissible, combien la prestation verse et comment présenter une demande, voir Prestation d'invalidité du RPC au Canada, la page complémentaire de la page pivot sur les prestations d'invalidité de cette section.
Le critère que la plupart des guides expliquent mal
Une recherche sur la façon d'interjeter appel d'un refus de prestation d'invalidité du RPC donne le plus souvent les trois mêmes moyens : un manquement à la justice naturelle, une erreur de droit et une conclusion de fait tirée de façon abusive ou arbitraire. Ce critère existe bel et bien, mais des modifications à la Loi sur le MEDS ont scindé les moyens d'appel devant la division d'appel du Tribunal de la sécurité sociale selon le programme, et ce n'est plus le critère qui s'applique à une demande de prestation d'invalidité du RPC. Ce critère à trois moyens correspond désormais à l'article 58 de la Loi sur le MEDS, qui ne s'applique qu'aux appels en matière d'assurance-emploi. La prestation d'invalidité du RPC relève de la section de la sécurité du revenu du Tribunal, et un appel de la sécurité du revenu devant la division d'appel est plutôt régi par le critère distinct de l'article 58.1. Un appelant qui s'appuie sur des directives fondées sur l'article 58 invoque entièrement la mauvaise disposition.
L'article 58.1, cité directement de la Loi, énonce le véritable critère applicable à une demande de permission d'en appeler dans une affaire de prestation d'invalidité du RPC :
"La demande de permission d'en appeler d'une décision rendue par la section de la sécurité du revenu est accordée dans les cas suivants : a) la demande soulève une cause défendable selon laquelle la section n'a pas observé un principe de justice naturelle ou a autrement excédé ou refusé d'exercer sa compétence; b) elle soulève une cause défendable selon laquelle la section a rendu une décision entachée d'une erreur de droit, de fait ou de droit et de fait; c) elle présente des éléments de preuve qui n'ont pas été présentés à la section." (Loi sur le ministère de l'Emploi et du Développement social, art. 58.1)
Deux caractéristiques de l'article 58.1 sont plus larges que le critère de l'assurance-emploi qu'il remplace pour les demandes de prestation d'invalidité du RPC. Le moyen b) couvre une erreur de fait et une erreur mixte de droit et de fait, et non seulement une erreur de droit. Le moyen c) n'a aucun équivalent dans l'ancien critère à trois moyens : une nouvelle preuve qui n'a jamais été présentée à la division générale constitue, à elle seule, un motif valable de permission d'en appeler.
Une correction connexe est tout aussi importante. Certains articles plus anciens décrivent un pouvoir du Tribunal d'annuler ou de modifier une décision relative à la prestation d'invalidité du RPC en se fondant sur des faits nouveaux, sans permission et sans passer du tout par la division d'appel. Ce pouvoir existait autrefois dans la Loi sur le MEDS, à une disposition habituellement citée comme l'article 53 (et, avant une renumérotation antérieure, l'article 66), mais il a été abrogé par L.C. 2021, ch. 23, art. 224 et n'a aucun équivalent dans le texte actuel du Tribunal. Le pouvoir équivalent qui subsiste appartient au ministre, et non au Tribunal, à l'article 81(3) de la Loi sur le Régime de pensions du Canada, décrit dans la section suivante.
Le processus d'appel : quatre étapes, des délais qui ne se prorogent pas tous de la même façon
Chaque étape ci-dessous comporte un délai de 90 jours qu'un décideur peut proroger à sa discrétion. Ce qui change d'une étape à l'autre, c'est ce qui se passe une fois ce pouvoir discrétionnaire épuisé. L'étape du réexamen ne comporte aucune limite extérieure inscrite dans la Loi; les deux étapes devant le Tribunal comportent chacune un délai absolu et non discrétionnaire d'un an, en plus des 90 jours.

| Étape | Délai | Disposition applicable | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|
| 1. Réexamen par Service Canada | 90 jours suivant l'avis de décision. Le ministre peut accorder un délai plus long, avant ou après l'expiration des 90 jours, à sa propre discrétion, sans limite extérieure énoncée dans la Loi. | Loi sur le Régime de pensions du Canada, art. 81(1) à (2) | Service Canada, agissant pour le ministre, réexamine le dossier ainsi que tout renseignement nouveau soumis, et peut confirmer ou modifier la décision, en approuver le versement, ou déterminer qu'aucune prestation n'est payable. |
| 2. Appel devant la division générale du TSS | 90 jours suivant la décision de réexamen. La division générale peut accorder un délai supplémentaire, mais en aucun cas au-delà d'un an suivant la date où la décision a été communiquée. | Loi sur le MEDS, art. 52(1) à (2) | Un membre indépendant du Tribunal examine l'affaire lors d'une audience de premier palier. Aucune permission n'est requise pour saisir la division générale. |
| 3. Permission d'en appeler devant la division d'appel du TSS | 90 jours suivant la décision de la division générale. La division d'appel peut accorder un délai supplémentaire, mais en aucun cas au-delà d'un an suivant la date où la décision et les motifs ont été communiqués. | Loi sur le MEDS, art. 57(1.1) à (2) | La division d'appel décide d'accorder ou non la permission d'en appeler selon le critère de l'article 58.1 décrit ci-dessus. |
| 4. Contrôle judiciaire à la Cour fédérale | 30 jours, selon les directives du Tribunal de la sécurité sociale lui-même. | Loi sur les Cours fédérales, appliquée à une décision finale de la division d'appel | La Cour fédérale examine le processus et le raisonnement du Tribunal. Il ne s'agit pas d'un nouvel examen de la demande d'invalidité elle-même. |
Deux de ces délais commencent à courir à des points de départ différents de ce que l'on suppose parfois. Le délai de 90 jours pour saisir la division générale court à compter de la décision de réexamen, et non du refus initial. Le délai de 90 jours pour demander la permission d'en appeler court à compter de la décision de la division générale, et non du refus initial ni de la décision de réexamen.
En dehors de ce processus, le ministre dispose d'un pouvoir distinct, prévu à l'article 81(3) de la Loi sur le Régime de pensions du Canada, d'annuler ou de modifier une décision de réexamen en se fondant sur des faits nouveaux. La Loi ne fixe aucun délai pour cette voie, qui ne nécessite pas du tout de passer par le Tribunal. Il ne s'agit pas d'un substitut aux délais d'appel ci-dessus; il faut la considérer comme une option supplémentaire, et non un remplacement pour le dépôt en temps voulu.
Une fois l'avis d'appel reçu par la division générale, les propres directives du Tribunal de la sécurité sociale sur le processus établissent la suite : les appelants disposent habituellement d'environ 8 mois pour envoyer leurs documents justificatifs et leurs arguments après l'avis d'appel, bien que le Tribunal puisse accorder jusqu'à 20 mois dans les cas qui nécessitent plus de temps. Emploi et Développement social Canada dispose ensuite d'un maximum de 3 mois pour envoyer ses propres documents une fois ceux de l'appelant reçus, l'appelant dispose de 30 jours pour répondre à ces documents, et une décision suit habituellement dans les 30 jours suivant l'audience, par écrit.
Une fois la permission accordée : une nouvelle audience, et non un simple examen pour erreur
Franchir l'étape de la permission change la nature même de l'appel. L'article 58.3 de la Loi sur le MEDS l'énonce directement :
"L'appel d'une décision rendue par la section de la sécurité du revenu devant la division d'appel est une audience entendue et jugée comme une nouvelle affaire." (Loi sur le ministère de l'Emploi et du Développement social, art. 58.3)
Les propres directives en langage clair du Tribunal de la sécurité sociale confirment ce que cela signifie en pratique : une fois la permission d'en appeler accordée, vous n'avez pas à prouver que la division générale a commis une erreur, car l'appel est réexaminé comme une nouvelle affaire, sans vérification que l'erreur précise ayant justifié la permission s'est réellement produite. Les appelants disposent généralement de 75 jours après l'octroi de la permission pour envoyer de nouvelles preuves et de nouveaux arguments avant cette nouvelle audience.
À l'étape de la décision sur la permission elle-même, la division d'appel doit accorder ou refuser la permission par écrit, en vertu de l'article 58.2 de la Loi. Si la permission est refusée, l'appelant reçoit des motifs écrits. Si la permission est accordée, la demande de permission elle-même devient l'avis d'appel, réputé avoir été déposé à la date où la demande de permission a été initialement déposée. Sur le fond, l'article 59(1) confère à la division d'appel le pouvoir de rejeter l'appel, de rendre la décision que la division générale aurait dû rendre, ou de confirmer, d'infirmer ou de modifier totalement ou partiellement la décision de la division générale. Selon les délais rapportés par le Tribunal lui-même, une décision sur la permission suit habituellement dans les 30 jours suivant la demande, et une décision finale suit habituellement dans les 60 jours suivant l'audience.
L'article 68 de la Loi sur le MEDS rend une décision de la division d'appel définitive, sous réserve seulement d'un contrôle judiciaire à la Cour fédérale en vertu de la Loi sur les Cours fédérales; elle ne peut faire l'objet d'un autre appel ou examen par un autre tribunal.
Si vous êtes au Québec : une démarche entièrement distincte
Les travailleurs qui cotisent au Régime de rentes du Québec plutôt qu'au RPC n'ont aucun lien avec le Tribunal de la sécurité sociale. Retraite Québec, l'administrateur du RRQ, décrit elle-même son processus en deux étapes :
"Contester une décision. Si vous n'êtes pas satisfait d'une décision à propos d'une rente ou des revenus inscrits à votre nom au Régime de rentes du Québec, vous pouvez demander une révision. Votre demande doit être faite dans les 90 jours qui suivent l'envoi de la décision contestée." "Contester une décision prise en révision. Si vous croyez que la décision prise en révision n'est pas fondée, vous avez 60 jours à compter de la date de son envoi pour la contester devant le Tribunal administratif du Québec." (Retraite Québec)
La structure ressemble à celle du processus fédéral du RPC, soit une révision interne suivie d'un tribunal externe, et le délai de révision interne est identiquement de 90 jours. Le délai externe est plus court : 60 jours devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ), comparativement à 90 jours pour saisir la division générale du TSS dans le cadre du processus fédéral. La description que fait Retraite Québec de son propre processus ne mentionne aucune étape de permission ou de filtrage avant une audience du TAQ sur le fond, contrairement au filtre de permission du TSS avant la division d'appel, bien que cela n'ait pas été confirmé de façon indépendante auprès d'une source publiée par le TAQ et doive être considéré comme une observation sur la façon dont Retraite Québec décrit le processus, plutôt qu'un fait procédural confirmé propre au TAQ.
Avez-vous besoin d'un avocat pour faire appel?
Vous n'en avez pas besoin, et le système est conçu en tenant compte du fait que la plupart des appelants n'en ont pas. Le Tribunal de la sécurité sociale l'affirme directement sur son propre site : un représentant n'est pas requis pour faire appel, bien que vous puissiez en avoir un si vous le souhaitez. Le Tribunal offre un service d'accompagnement conçu spécifiquement pour soutenir les personnes qui n'ont pas d'avocat ni d'autre représentant professionnel, composé de spécialistes possédant une connaissance approfondie du processus d'appel, en plus d'une liste d'organismes externes offrant des services gratuits aux personnes admissibles.

Le rapport annuel 2024-2025 du Tribunal confirme que l'autoreprésentation est la norme plutôt que l'exception dans l'ensemble de sa charge de travail : 85,6 % de tous les appelants, sécurité du revenu et assurance-emploi combinées, n'avaient aucune représentation professionnelle, répartis en 73,7 % d'autoreprésentés et 11,9 % ayant une autre forme de représentation non professionnelle. Seulement 14,4 % avaient un représentant professionnel. Le rapport ne publie pas de ventilation propre aux seuls appels en matière de sécurité du revenu.
Une représentation peut tout de même être réellement utile, en particulier pour la preuve médicale. Les directives de la division générale comme celles de la division d'appel indiquent clairement que le Tribunal n'enquête pas sur une demande et ne communique avec personne pour recueillir des documents justificatifs au nom d'un appelant; il revient à l'appelant d'envoyer les rapports médicaux, les évaluations de spécialistes et la preuve de tentatives de travail. Une clinique juridique gratuite, si elle est offerte dans votre province, ou un représentant rémunéré à honoraires conditionnels, peut aider à structurer cette preuve, mais ni l'un ni l'autre n'est un préalable pour déposer un appel, et ce site ne recommande ni ne fait la promotion d'aucun cabinet en particulier; confirmez toute structure d'honoraires directement auprès d'un représentant potentiel avant de signer quoi que ce soit.
Des prestations sont-elles versées pendant l'attente?
Aucun mécanisme de versement provisoire ou de transition ne figure dans la Loi sur le Régime de pensions du Canada ni dans les directives du Tribunal de la sécurité sociale et de Service Canada consultées pour cet article. Comme un refus signifie qu'aucune prestation n'a jamais été approuvée au départ, il n'y a rien de déjà versé qu'un appel pourrait interrompre; une prestation ne devient payable qu'une fois qu'une décision, peu importe l'étape, l'approuve réellement.
Deux programmes servent couramment de revenu de transition pendant qu'une demande de réexamen ou un appel de prestation d'invalidité du RPC chemine dans le système, et les deux sont entièrement distincts de la prestation d'invalidité du RPC, avec leurs propres demandes et leurs propres règles d'admissibilité : les prestations de maladie de l'assurance-emploi, un programme distinct de l'assurance-emploi qui peut verser jusqu'à 26 semaines et qui exige son propre certificat médical (voir Prestations de l'assurance-emploi et congé protégé pour savoir comment les prestations de maladie de l'assurance-emploi interagissent avec la protection de l'emploi), et les programmes provinciaux d'aide sociale ou d'aide aux personnes handicapées, qui appliquent leurs propres critères fondés sur les besoins et les actifs et qui varient selon la province.
Idées reçues, vérifiées par rapport à la loi
Une lettre de refus est le dernier mot. Faux. Il existe au moins quatre étapes supplémentaires après un refus, chacune assortie d'un délai fixé par une source primaire : le réexamen, un appel devant la division générale, une demande de permission et un appel devant la division d'appel, et un contrôle judiciaire à la Cour fédérale. Une décision de réexamen n'est pas non plus nécessairement définitive sur les faits; le ministre peut toujours l'annuler ou la modifier en se fondant sur des faits nouveaux en vertu de l'article 81(3), sans aucun délai fixé par la Loi pour cette voie.

Il faut un avocat pour faire appel. Faux. Le Tribunal l'affirme directement et offre un service d'accompagnement conçu exactement pour cette situation; 85,6 % de tous les appelants dans la charge de travail du Tribunal n'ont aucune représentation professionnelle. Une représentation peut tout de même être utile, en particulier pour la preuve médicale, sans être obligatoire.
Faire appel met vos autres prestations en péril. Faux, du moins pas par l'appel lui-même. L'article 64(2) de la Loi sur le MEDS restreint la compétence du Tribunal en matière de RPC à quatre questions énumérées : l'admissibilité à une prestation du RPC et son montant, l'admissibilité à un partage des gains ouvrant droit à pension, l'admissibilité à la cession d'une pension de retraite, et les pénalités du RPC. Le Tribunal n'a aucune compétence sur la Sécurité de la vieillesse, l'assurance-emploi ou les programmes provinciaux dans un appel de prestation d'invalidité du RPC, de sorte que l'appel lui-même ne peut mettre aucun de ces éléments en cause.
Les délais de 90 jours sont flexibles, alors rien ne presse vraiment. Exagéré. Le pouvoir discrétionnaire de prorogation existe aux étapes du réexamen, de la division générale et de la division d'appel, mais aux deux étapes devant le Tribunal, ce pouvoir discrétionnaire est plafonné par un délai absolu et non discrétionnaire d'un an qu'aucune prorogation ne peut dépasser. La description exacte est « discrétionnaire, mais plafonné à un an », et non « flexible ».
Avis : Cet article traite du processus fédéral d'appel d'un refus de prestation d'invalidité du Régime de pensions du Canada, avec une section distincte sur le processus provincial du Québec pour les décisions relatives à l'invalidité du Régime de rentes du Québec. Il s'agit d'informations juridiques générales, et non de conseils juridiques; cet article n'a pas encore été révisé par un avocat. Deux points comportent une réserve authentique qu'il vaut la peine de rappeler : la question de savoir si le Tribunal administratif du Québec applique une étape de permission ou de filtrage avant un appel du RRQ est une inférence tirée de la façon dont Retraite Québec décrit son propre processus, et non une règle procédurale confirmée du TAQ; et aucun pourcentage sur la fréquence à laquelle les demandes, réexamens ou appels de prestation d'invalidité du RPC sont accueillis n'est publié dans les sources consultées pour cet article, de sorte qu'aucun n'est indiqué ici. La définition réglementaire du travail véritablement rémunérateur est traitée dans le guide d'admissibilité complémentaire de cette section plutôt que reprise sur cette page. Les délais de ce processus sont en grande partie fixes et, aux étapes devant le Tribunal, plafonnés par un délai absolu d'un an sans possibilité de prorogation supplémentaire. Confirmez vos propres délais directement auprès de Service Canada ou du Tribunal de la sécurité sociale, et consultez un avocat ou une clinique juridique gratuite pour des conseils sur votre situation particulière.
Questions fréquentes
Quel est le délai pour interjeter appel d'un refus de prestation d'invalidité du RPC?
Chaque étape comporte son propre délai de 90 jours. Vous avez 90 jours à compter de la décision initiale pour demander à Service Canada de réexaminer la décision en vertu de l'article 81 de la Loi sur le Régime de pensions du Canada, 90 jours à compter de la décision de réexamen pour interjeter appel devant la division générale du Tribunal de la sécurité sociale, et 90 jours à compter de la décision de la division générale pour demander la permission d'en appeler devant la division d'appel. Un décideur peut proroger l'un ou l'autre de ces délais de 90 jours à sa discrétion, mais les étapes de la division générale et de la division d'appel comportent toutes deux un délai absolu d'un an qu'aucune prorogation ne peut dépasser.
Le critère applicable à un appel de prestation d'invalidité du RPC est-il le même que pour l'assurance-emploi?
Non, et il s'agit de l'erreur la plus courante dans les directives sur les appels de prestation d'invalidité du RPC. Le critère classique à trois moyens, soit la justice naturelle, l'erreur de droit et une conclusion de fait tirée de façon abusive ou arbitraire, correspond à l'article 58 de la Loi sur le ministère de l'Emploi et du Développement social, qui ne s'applique désormais qu'aux appels en matière d'assurance-emploi. La prestation d'invalidité du RPC relève de la sécurité du revenu, et les appels de la sécurité du revenu devant la division d'appel sont régis par le critère distinct et plus large de l'article 58.1.
Ai-je besoin d'un avocat pour faire appel d'un refus de prestation d'invalidité du RPC?
Non. Le Tribunal de la sécurité sociale affirme directement qu'un représentant n'est pas requis, et il offre un service d'accompagnement conçu spécifiquement pour les personnes qui font appel seules. Son rapport annuel 2024-2025 a révélé que 85,6 % de tous les appelants dans la charge de travail du Tribunal, sécurité du revenu et assurance-emploi combinées, n'avaient aucune représentation professionnelle. Un avocat ou une clinique juridique gratuite peut tout de même être utile, en particulier pour rassembler et structurer la preuve médicale, puisque le Tribunal n'enquête pas sur une demande et ne recueille pas de documents au nom d'un appelant.
Que se passe-t-il une fois que la division d'appel accorde la permission d'en appeler?
L'appel est entendu et jugé comme une nouvelle affaire en vertu de l'article 58.3 de la Loi sur le ministère de l'Emploi et du Développement social, et non comme un examen restreint à l'erreur précise ayant justifié la permission. Le Tribunal de la sécurité sociale l'explique en langage clair sur son propre site : vous n'avez pas à prouver que la division générale a commis une erreur. Les appelants disposent généralement de 75 jours après l'octroi de la permission pour envoyer de nouvelles preuves et de nouveaux arguments avant la nouvelle audience.
Serai-je tout de même payé pendant que mon appel de prestation d'invalidité du RPC est en cours?
Aucun mécanisme de versement provisoire ou de transition ne figure dans la Loi sur le Régime de pensions du Canada ni dans les directives du Tribunal de la sécurité sociale ou de Service Canada. Comme un refus signifie qu'aucune prestation n'a jamais été approuvée, il n'y a rien de déjà versé à poursuivre. Les prestations de maladie de l'assurance-emploi et les programmes provinciaux d'aide sociale servent couramment de revenu de transition distinct pendant cette période, mais chacun comporte ses propres règles d'admissibilité et sa propre demande, indépendamment de la prestation d'invalidité du RPC.
Que se passe-t-il si je vis au Québec?
Les travailleurs du Québec cotisent au Régime de rentes du Québec plutôt qu'au RPC, et les décisions relatives à l'invalidité du RRQ sont révisées et contestées par un système provincial entièrement distinct. Vous demandez une révision interne à Retraite Québec dans les 90 jours suivant la décision, et si vous n'êtes pas d'accord avec cette révision, vous avez 60 jours pour interjeter appel devant le Tribunal administratif du Québec. Le Tribunal de la sécurité sociale n'a aucun rôle dans une demande du RRQ.
Une décision relative à la prestation d'invalidité du RPC peut-elle être réexaminée après l'expiration du délai de 90 jours?
Il existe deux voies distinctes. Le ministre peut autoriser une demande de réexamen tardive en vertu de l'article 81(1) de la Loi sur le Régime de pensions du Canada, à sa propre discrétion, avant ou après l'expiration des 90 jours, bien que la Loi ne fixe aucun critère quant à l'exercice de ce pouvoir discrétionnaire. Séparément, l'article 81(3) permet au ministre d'annuler ou de modifier une décision en se fondant sur des faits nouveaux, sans aucun délai fixé par la Loi pour cette voie.
Faire appel d'un refus de prestation d'invalidité du RPC met-il mes autres prestations en péril?
La compétence du Tribunal en matière de RPC est étroite et précise. L'article 64(2) de la Loi sur le ministère de l'Emploi et du Développement social limite ce que le Tribunal peut trancher dans une affaire de RPC à l'admissibilité à une prestation et son montant, au partage des gains ouvrant droit à pension, à la cession d'une pension de retraite, et aux pénalités du RPC. Un appel en vertu de cet article ne peut mettre en cause votre Sécurité de la vieillesse, votre assurance-emploi ou vos prestations provinciales, car le Tribunal n'a aucune autorité sur ceux-ci dans un appel du RPC.
Sources et références
- Loi sur le Régime de pensions du Canada, L.R.C. 1985, ch. C-8, art. 81 (réexamen; annulation ou modification sur faits nouveaux) (Site Web de la législation (Justice))(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Loi sur le ministère de l'Emploi et du Développement social, L.C. 2005, ch. 34, art. 52 à 53 (délai d'appel devant la division générale; pouvoir abrogé d'annulation et de modification) (Site Web de la législation (Justice))(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Loi sur le ministère de l'Emploi et du Développement social, L.C. 2005, ch. 34, art. 56 à 59, 64 (permission d'en appeler, moyens d'appel pour la sécurité du revenu, audience de novo, pouvoirs de décision, compétence du Tribunal en matière de RPC) (Site Web de la législation (Justice))(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Loi sur le ministère de l'Emploi et du Développement social, L.C. 2005, ch. 34, art. 68 (caractère définitif des décisions du Tribunal, contrôle judiciaire préservé) (Site Web de la législation (Justice))(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Aperçu du processus d'appel des prestations d'invalidité du Régime de pensions du Canada, Tribunal de la sécurité sociale du Canada(sst-tss.gc.ca).gov
- De l'aide pour votre appel, Tribunal de la sécurité sociale du Canada(sst-tss.gc.ca).gov
- Rapport annuel de l'exercice 2024-2025, Tribunal de la sécurité sociale du Canada(sst-tss.gc.ca).gov
- Obtenir des explications ou contester une décision, Régime de rentes du Québec, Retraite Québec(retraitequebec.gouv.qc.ca).gov